| La République et le Voile : Symboles et inversion |
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| Loi du 15 mars 2004 | |||
| Lundi, 29 Mars 2010 18:49 | |||
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Le livre « La République et le Voile paru en Mars 2010: Symboles et Inversions » s'ouvre sur la citation plaidoirie d'Alphonse de Lamartine : « Je suis de la couleur de ceux qu'on persécute ! » Elle annonce le ton, le style et les véhicules pour naviguer dans 21 chapitres de dénonciations, d'explications et de prises de positions en faveur de la femme ni supérieur, ni inférieure, ni égale, ni différente de l'homme mais un autre sens de l'humain, le sens au féminin. Ce féminin souffre de persécutions au nom de la liberté et de l'émancipation de la femme, liberté décidée par l'homme et ses clones travestis...
Ce livre montre que le voile qu'on veut présenter comme symbole islamique n'est pas un symbole religieux au sens « péjoratif » du terme mais un archétype du vêtement féminin qui a traversé toutes les coutumes, toutes les époques, toutes les contrées et toutes les religions. C'est un vêtement de la pudeur et de la décence qui disparaît dans certaines sociétés primitives ou dans les sociétés en régression morale et dans les civilisations en voie de disparition comme celles de l'Egypte et de Rome à titre d'exemple. En jouant sur les mots des couleurs et les maux de société les auteurs ont montré la problématique du symbole, sa naissance, son déplacement et ses défis dans les luttes sociales entre le maniement et la manipulation du symbole qui prend sens conventionnel, iconique, cosmique, fantasmagorique, imaginatif dans la création du lien de la socialité et du monde des idées ou du déchirement du lien et de la diabolisation de l'autre. Manier le symbole, c'est fédérer et construire un vouloir-vivre ensemble dans toutes les interactions sociologiques, économiques, culturelles et sociales d'une nation ou d'une civilisation. Manipuler le symbole, c'est aiguiser les crispations sociales, favoriser le repli identitaire et briser les liens pour mobiliser les populations comme on mobilise des armées dans une lutte partisane, sectaire, colonialiste contre l'autre. Le symbole évolue en se conjuguant avec d'autres symboles ou d'autres signes pour donner d'autres symboles car les référents idéologiques, culturels et religieux changent du fait des conditions objectives socio économiques, des nouveaux savoirs ou des conditions subjectives. Le Bleu chez les grecs a désigné l'autre, le barbare, puis a muté pour désigner la chasteté, la pureté, la grâce et le sublime du voile incarnant la Vierge Marie mère de Jésus. Les pseudos sémiologues et philosophes de salon ont poussé la République à se fourvoyer sur le terrain du symbole qui est un terrain de sensibilités qui dépasse le domaine du rationnel et de l'apparat. En les suivant la République s'est trompé de débat en se focalisant sur le foulard, le voile et le Niqab et tout particulièrement en les présentant comme un symbole ostensible. Prenant en contre pied les « intellectuels négatifs », les fonctionnaires organiques de la pensée unique les auteurs ont poussé le jeu en caricaturant les faux débats « sensationnels » et à sens unique les acculant à leur limites idéologiques en leur empruntant leur style décousu et piquant jusqu'à l'os qu'ils ont utilisé contre la sensibilité des jeunes musulmanes privées d'écoles par une loi témoignant de l'insenséisme laïciste et avec la volonté délibérée de continuer à stigmatiser de la manière la plus ignoble qui soit la femme musulmane allant jusqu'à la traiter de « sac à patates » soumises à la phallocratie des misogynes musulmans qui sont le père, le frère ou le mari. La femme musulmane voilée serait analphabète, moche, soumise et anachronique dans le monde du voyeurisme sexiste friand de nus et de dénudées. Mettant à nu le cynisme des uns et la complaisance des autres, les auteurs, piqués dans leur amour propre, se sont attelés à coudre et découdre, à faire et défaire les empiècements et les oripeaux des acteurs et des metteurs en scène pour les tourner en dérision colorée et les mettre en pièces chromatiques en voilant et en dévoilant selon le gré de l'écriture les non-dits qui symbolisent le combat symbolique de la République contre un tissu désigné comme ostensible. Démontrant que les Commis de l'Etat se sont mélangés les pinceaux, en allant sur le terrain de la pudeur et d'un autre sens au féminin différent du sexisme intégriste, les auteurs ont montré qu'il y a confusion entre le symbole, le socio code et l'archétype du vêtement féminin. Cette confusion fausse le débat en voulant le placer au niveau religieux alors qu'il devrait être situé sur le plan démocratique c'est-à-dire celui des libertés et de la construction du vouloir vivre ensemble dans un monde en mouvement où les repères traditionnels de la vielle Europe s'effondrent face à l'américanisme . Il y a une volonté de rendre symboliquement ostensible ou ostentatoire la pudeur et l'éthique musulmane qui prône la pudeur et la chasteté en manipulant le vêtement et les accessoires costumiers de la femme musulmane. Le combat symbolique dans lequel on a fourvoyé la République avec son corps pédagogique, sa magistrature et ses forains du Panem Circenses n'est pas nouveau, il s'inscrit dans une islamophobie dont nous voyons un acte hautement symbolique : oblitérer la voilée et sa communauté sans afficher la volonté réelle qui vise à diaboliser sa religion. La diabolisation de l'islam n'est pas nouvelle comme n'est pas nouvelle la haine portée contre les Prophètes et les vertueux. Les auteurs sont allés plus loin que le constant global sur l'attaque inavouée contre l'islam en cherchant à comprendre le pourquoi de la forme symbolisée de ce combat et à décrypter ses enjeux stratégiques et tactiques. Ces questions doivent être posées non seulement par les musulmans mais par tout esprit libertaire car la Postmodernité appelle à l'expression libre des différences et à la promotion de l'esprit de finesse contre l'esprit des lois ou de géométrie et contre l'indifférenciation sociale et culturelle qui nie la diversité ? Les esprits lucides et responsables doivent aider la République à dépasser son contentieux lié à la colonisation et surmonter sa phobie de l'islam. Le lien ostensible et ostentatoire entre la levée à l'unanimité des boucliers, contre le vêtement de la pudeur et le conformisme politique et culturel, contre le droit des Algériens à disposer d'eux-mêmes en se décolonisant est symboliquement frappant. Les référents idéologiques et politiques sont les mêmes : l'ethnocentrisme qui n'envisage qu'une seule vision du monde, la sienne, et l'inconscient qui n'a pas fini ses Croisades et qui les poursuit contre des gamines en les assiégeant à la maison privées de sorties vers l'école publique. Tous les pourquoi ne mettent pas seulement en cause les tenants intégristes de la laïcité ou de la judéo chrétienté de la France, faisant impasse sur mille ans d'apport de la civilisation islamique, mais mettent en cause les rentiers de l'islam de France qui ont adopté un profil bas pour ne pas dire complaisant. Les auteurs n'ont pas jugé utile de signaler le laxisme des Rois et Gouvernants des pays musulmans car ils ne sont ni représentatifs ni témoins ni acteurs d'un monde dans lequel ils ont le rôle du vassal, du comparse ou de l'insouciant en marge de l'histoire. Les auteurs ne s'enferment pas dans un discours bigot sur le port du voile et sur la controverse entre partisans du voile, du foulard ou du Niqab car le Qur'ân ne s'est pas étalé sur le sujet qui est comme vérité axiomatique, archétypale, ne nécessitant aucun débat, ni en interne, ni en externe. Ils insistent sur le débat démocratique qui met l'utilisation d'un bout de tissu pour aiguiser les crispations sociales et cacher les incohérences, les inconséquences d'une France qui continue de rêver comme un empire colonial avec les indigènes, comme sujet, alors qu'elle n'a ni les moyens de son rêve ni les solutions pour répondre aux exigences nouvelles du nouveau millénaire et à une société de plus en plus atomisée et sans projet de vie qui ait sens... Les auteurs n'ont pas manqué de poser la question qui peut déranger les bigots et les pharisiens du monde musulman : existe-t-il un vêtement islamique ? Il ne s'agit pas de remettre en cause ou de controverser le port du voile, du Jilbab, de la mantille, de la cape ou du vêtement pudique de la femme. Le port du vêtement de la décence est institué par un verset de la Surah An Nour (la Lumière). Cette Surah a des particularités distinctives. Elle est la seule à s'inaugurer par la mise en exergue de l'obligation, de l'explicitation et de l'évidence des versets coraniques. Elle est la seule qui soit réservée exclusivement à codifier, organiser et réguler les relations sociales en générale, les relations familiales et les relations singulières homme femme. Elle explicite les comportements de pudeur, de vertu et de chasteté aussi bien de la femme que de l'homme. Elle prend la défense de la femme calomniée, diffamée dans son honneur, personnifiée en la personne de Aicha l'épouse du Prophète. Dans cette architecture rhizomique de comportements et de lois protégeant la femme et la société la Surah annonce que « Allah Est la lumière des Cieux et de la terre ». La société des Lumières et les personnes éclairées sont celles qui sont illuminées par Allah et par leur conformité à Ses préceptes. Une fois de plus il ne s'agit pas de symbole dans son autre définition de signe conventionnel que le vêtement de la pudeur islamique fait référence mais au sacré. Contrairement au profane le sacré est indiscutable, inviolable, intouchable au risque de générer des violences sociales. L'Occident souffrant d'une crise du sacré, la transcendance monothéiste lui échappe totalement. Il ne peut comprendre que le symbole qui se manifeste dans les rites magico rituels païens ne peut trouver place dans l'islam car le monothéisme islamique par sa définition même ne peut se contenir dans des limites, du relatif et de la finitude. Le musulman vit en harmonie avec le sacré mais il n'a pas compétence à donner une sacramentalité à un objet ou à un signe pour en faire un symbole. C'est le même cri, celui de l'Emir Abdelkader, que les musulmans, hommes et femmes, continuent à lancer non comme un défi mais comme un appel à l'unisson : « Comprenez ma religion ! » Contrairement au triomphalisme de l'esprit colonial et de la surenchère dans la soumission de l'esprit indigène toujours vivaces, le livre présente en annexe quelques costumes féminins témoignant de l'archétype du vêtement féminin qui se prend des modulations formelles et chromatiques pour témoigner non du symbole mais du géo code. Il présente les résultats du sondage réalisé par oumma.com prouvant que contrairement aux péroraisons des esprits sur médiatisés qui ont confisqué la parole et l'opinion de la population musulmane celle-ci dans son écrasante majorité refuse l'idée d'une loi anti voile considérée comme stigmatisation des musulmans et atteinte à la dignité de la femme et à sa liberté d'être pudique. S'il faut défendre le vouloir vivre ensemble il faut le faire dans la différence et non dans l'indifférence, l'indifférenciation ou le choc des cultures. Le vouloir vivre ensemble fondé non sur la démagogie de l'assimilation ou de l'intégration mais construit au quotidien sur le terrain des interactions sociales, économiques, politiques et culturelles est l'enjeu que la société doit imposer à ses politiques, à ses parlementaires et à ses médias. Le livre « La République et le Voile : Symboles et Inversions » conclue par un appel à la compétence de discernement qui semble manquer aux parlementaires appelés à la votation contre le port du vêtement de la pudeur. Ces lois sont en contradiction avec l'histoire de France qui s'est distinguée sous la monarchie ou la République par des lois contre le vêtement dites lois somptuaires. Ces lois étaient contre le luxe ostentatoire et les vêtements somptueux, masculins et féminins, imposés par la mode. C'est cette compétence de discernement qui permet de faire d'un tissu vierge, d'un comportement, d'une proposition de loi ou d'une feuille blanche, comme le dit le philosophe français Michel Serres, à la fois toutes les couleurs et l'absence de couleur. Toutes les couleurs peuvent donner du noir ou une palette chromatique juxtaposant des couleurs vives contiguës et d'autres mélangées en des tons et nuances prêtes à servir, sous une main talentueuse et humaniste, à la réalisation d'une belle fresque sociale. Omar MAZRI http://liberation-opprimes.net/
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Ton combat est le mien
Ils l'ont dit

"L'idéal c'est quant on peut mourir pour ses idées,la politique c'est quant on peut en vivre"
Deux poids... sur mesure
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