Si on a souvent reproché aux premiers immigrés, leur compréhension et leur pratique, pas très « orthodoxes » de l'Islam, ou dans un autre registre, leur mauvaise maîtrise des codes sociaux, ils avaient sans conteste, une capacité de décryptage ; décryptage qu'ils ont su, en leur temps, transmettre à leurs enfants sans grands discours ni complaisance à l'égard de qui que ce soit. Ils avaient compris ce que nous ne voulons pas voir ni comprendre, par mimétisme, par peur ou plus tragiquement par paresse.
Le monde de la politique m'a appris ou plutôt désappris en quelques années ce que je n'aurais jamais saisi en plusieurs décennies de lectures laborieuses. Le fait politique, la politique et ses rouages se dé-voilent dans toute leur splendide laideur.On n'a jamais autant été habile de prouesses verbales pour tenter d'expliquer les grands écarts idéologiques dont les uns et les autres sont désormais capables. « Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, fera en sorte que le PS ne fasse « pas obstacle » au vote du projet de loi sur une interdiction du voile intégral dans l'espace public » ! « Martine Aubry et moi-même avons évolué sur cette question », affirme le député-maire de Nantes dans une interview à RCF/Radio Notre-Dame/La Croix. (2O minutes du vendredi 02 juillet 2010). Interview donnée à RCF (Radios chrétiennes françaises), Radio Notre-Dame et La Croix ??? L'hôpital qui se moque de la charité !? Mdr ! diraient les internautes.
Après la thèse « très sérieuse » selon laquelle l'attachement des musulmanes au port du foulard ne répond qu'à une volonté de l'homme qui les perçoit comme simple propriété, objet d'assouvissement dont il veut disposer à son gré, une deuxième thèse non moins intéressante semble la supplanter ou du moins la coroller. Pour être plus juste , il faudrait dire que les discours oscillent, et l'éventail est grand, entre un argumentaire juridico républicain, un chantage économique, des pressions psychologiques, des compromis affectifs, un mépris déclaré, une compassion simulée, une ignorance affectée... Tout y passe. Et l'on tente, et l'un et l'autre, espérant qu'enfin, on aura raison de ces crânes enfoulardés.
Si la Constitution reste la norme juridique suprême, le Conseil Constitutionnel (CC) est là, quant à lui, pour veiller à son respect.
Et, dans le cas qui nous intéresse, il se prononce sur la conformité à la Constitution des lois et de certains règlements dont il est saisi.
Ce droit de saisine a évolué durant les années et s'est progressivement étendu.
Au départ, cette institution pouvait être saisie soit par le Président, soit par le Premier Ministre, soit par le Président d'une des deux chambres (Assemblée nationale et Sénat).
Depuis 1974, le CC peut aussi être saisi par 60 sénateurs ou 60 députés (article 61 de la Constitution).
La révision constitutionnelle, du 23 juillet 2008 prévoit désormais une possibilité de saisine par une personne physique à l'occasion d'une instance en cours devant une juridiction, sur une disposition législative qui "porte atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit".
Il faut préciser que cette saisine devra toutefois passer par le filtre du Conseil d'État ou de la Cour de cassation, les plus hautes juridictions des ordres administratifs et judiciaires.